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Dimanche 26 août 2007 7 26 /08 /2007 00:06

Un "esprit carré dans un corps rond": c'est ainsi que Raymond Barre a toujours aimé à se décrire. Ce grand contempteur du "microcosme", qui a suivi un parcours résolument à part dans le paysage politique français, est décédé samedi à l'hôpital du Val de Grâce à Paris, où il avait été admis en avril après un malaise cardiaque. L'ancien Premier ministre avait 83 ans.

Son souci constant aura été de conserver son indépendance d'esprit au service d'une idée: le "gouvernement au centre". Quitte à ne rien faire comme les autres, ce qui intéressera souvent, agacera parfois.

Né à Saint-Denis de la Réunion le 12 avril 1924, cet agrégé d'économie entame sa carrière politique en 1959, comme directeur de cabinet de Jean-Marcel Jeanneney, ministre de l'Industrie du gouvernement Debré.

Mais c'est surtout sur la scène européenne qu'il fait ses armes, au poste de vice-président de la Commission. Nommé par le général de Gaulle, il y formule, entre 1967 et 1972, les grandes lignes de la future union économique et monétaire.

C'est la démission de Jacques Chirac en 1976, en pleine crise économique et financière, qui le propulse à Matignon après un bref passage au poste de ministre du Commerce extérieur. Il cumule alors les fonctions de Premier ministre et de ministre des Finances. Un choix que le président Valéry Giscard d'Estaing justifie en le qualifiant de "meilleur économiste de France".

Chef du gouvernement, il ne sera jamais vraiment populaire. Il est vrai qu'il doit alors se battre contre la mauvaise conjoncture économique -"c'est le Joffre du redressement économique", dira de lui VGE-, la montée du chômage, un PS grandissant et un RPR menaçant. De cette époque-là, il gardera d'ailleurs une dent contre le mouvement gaulliste, qui ne l'a guère ménagé à l'Assemblée nationale entre 1976 et 1981.

Mais Raymond Barre s'obstine surtout à suivre la voie qu'il s'est fixée, indifférent aux évolutions de sa cote de popularité. Il ne cache d'ailleurs pas détester "l'espionnage médiatique", comme l'affirment tous ses amis.

A l'évidence, le Premier ministre -"un sourd qui a l'oreille fine", disait Edgar Faure- participe de la "métaphysique de la tortue". Il entretient avec le temps, pour l'un de ses proches, "une relation semblable à la manière dont il occupe l'espace avec son corps: posément, rondement, sûrement, agrémenté d'un soupçon d'éternité...".

Une indépendance d'esprit qu'il paiera en 1981. Avec la victoire de François Mitterrand à la présidentielle, Raymond Barre est rejeté dans l'opposition.

Il y fustige pendant deux ans la politique du gouvernement Mauroy, avant de se montrer beaucoup moins critique sitôt lancé le grand plan de rigueur. Au RPR et à l'UDF, on en vient même alors à se demander si Raymond Barre n'est pas en train de changer de camp...

La présidentielle de 1988 est pour lui un échec sévère (16,54%) et il contribue à la défaite de Jacques Chirac face à François Mitterrand en ne le soutenant que du bout des lèvres au second tour.

La législature 1988-93 le voit reprendre sa place d'"électron libre" dans le paysage politique. Posture qu'il ne quittera plus, confortablement installé dans son siège de maire de Lyon, qu'il occupe de 1995 à 2001.

Cultivé, éclectique, il dévore Stendhal, Chateaubriand, l'anthologie poétique de Gide... et les polars. La musique -Mozart- l'enchante. Venise aussi.

En politique, le député du Rhône aime à exaspérer ses "amis" RPR-UDF en ne votant pas systématiquement les motions de censure à l'Assemblée nationale. Quant à l'union de l'opposition, que tentent de construire les états-majors du RPR, de l'UDF et de DL, c'est "un mythe", lâche-t-il. Il adore "débiner ses petits copains", dira de lui Alain Juppé.

Le maire de Lyon fait également partie, en 2000, des députés centristes qui s'opposent ouvertement au président Jacques Chirac en votant l'inversion du calendrier électoral de 2002, quitte à apparaître en allié objectif du Premier ministre socialiste Lionel Jospin.

De même, alors que tout le monde cohabite, il s'érige en témoin privilégié d'un système qu'il réprouve, car conduisant fatalement à ses yeux à l'"immobilisme".

L'ancien Premier ministre, "si visiblement, si abruptement différent des autres hommes politiques", comme l'écrit Henri Amouroux dans "Monsieur Barre" (Robert Laffont), s'était retiré de la vie politique en 2002, année où il avait renoncé à son mandat de député. A l'heure du départ, il se disait fier de n'avoir jamais "intrigué".

Cette retraite passée à voyager et à profiter de sa maison de Saint-Jean-Cap-Ferrat ne l'a pas empêché d'intervenir régulièrement dans le débat politique.

Il y a quelques semaines, il avait été accusé d'antisémitisme par la communauté juive et condamné par la plupart des partis politiques pour avoir dénoncé sur à France-Culture la campagne menée contre lui par le "lobby juif" après l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic en 1980. Il avait alors déploré la mort des "Français innocents" qui traversaient la rue. M. Barre avait aussi pris la défense de Maurice Papon et Bruno Gollnisch.

Inlassable contempteur des déficits et de la dette, et défenseur des réformes de structure indispensables pour maintenir le rang de la France dans la mondialisation, le professeur Barre regrettait que "les grands enjeux du prochain quinquennat ne soient pas suffisamment mis en évidence et expliqués" dans la campagne présidentielle.

Raymond Barre était marié à Eva Hegedüs, avec qui il a eu deux fils, Olivier et Nicolas.

Ses obsèques seront célébrées mercredi à 15h30 dans la petite chapelle du Val de Grâce. Son cercueil sera exposé lundi et mardi à l'hôpital parisien, entre 9h et 18h.

 
AP


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Lundi 18 juin 2007 1 18 /06 /2007 11:07

Résultat définitif  de la 18ème circonscription de Paris :



Christophe Caresche  63,29 %

Jeannette Bougrab 36,71 %

Par Florian - Publié dans : Actualité
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Jeudi 14 juin 2007 4 14 /06 /2007 15:56


Mercredi soir, nous avions le plaisir de recevoir Rachida Dati sur la butte, rue des Abbesses. Rachida est, comme vous le savez tous, notre ministre de la justice et une amie de longue date. Elle a tenu à faire un crochet par Montmartre en rentrant de son premier Conseil des ministres de l'Union européenne. Entre l'aéroport et la place Vendôme, il y a désormais la butte ! Plus sérieusement, j'ai été très touchée de cette visite : Rachida est une très bonne juriste, et c'est une femme remarquable qui a su arriver aux plus hautes responsabilités sans jamais renier ce qu'elle était et d'où elle venait
.

 
 
 

Ajoutons à cette visite prestigieuse celle, plus inattendue, de Basile Boli qui passait dans la rue au moment où Rachida avançait vers la place des Abbesses. Il en a profité pour se joindre à notre joyeux cortège et nous accompagner pendant tout le trajet. Basile est aussi un ami et il est, dans un autre domaine, un bel exemple de réussite sportive. Rappelons qu'il a donné à la France (via l'OM) la coupe d'europe des clubs champions sur un joli "coup de tête" !


Jeannette Bougrab

 
 

  Voir la vidéo sur JBTv : cliquez-ici

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Jeudi 7 juin 2007 4 07 /06 /2007 15:52


Mercredi soir, nous avions le plaisir d'accueillir Alain Juppé au gymnase Ronsard. Un grand merci à tous ceux qui nous ont aidé à organiser cette rencontre qui a réuni plus de 500 personnes. Un grand merci à tous ceux qui, après la rencontre, sont spontanément venus offrir leurs sympathiques encouragements et leurs sincères témoignages d'affection.

 

Une campagne, c'est aussi et surtout une histoire collective, un sport d'équipe. Vous pouvez voir sur la photo ci-contre une petite partie de "l'équipe" : Claude Lambert, Midani M'Barki, Alain Juppé et Claude Devers, mon suppléant. Mercredi soir, nous étions 500 à poursuivre le même objectif, à pousser dans le même sens. Ce dimanche, puis le dimanche qui suivra, je sais que cette mobilisation de chaque instant pendant la campagne électorale se traduira positivement dans les urnes.

 

Jeannette Bougrab

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Lundi 21 mai 2007 1 21 /05 /2007 16:37

Chose promise... Nicolas Sarkozy s'était engagé à recevoir les ONG de l'environnement quelques jours après sa prise de fonctions afin d'organiser un « Grenelle » de l'environnement prévu pour la rentrée. Ce sera chose faite ce matin. Les représentants de neuf associations (dont la fondation Nicolas Hulot, WWF, FNE...) sont attendus à l'Élysée. 


Le président de la République sera accompagné d'Alain Juppé, le nouveau ministre de l'Écologie. Un premier tour de table qui vise à établir un ordre du jour et une méthode. Le chef de l'État devrait notamment rappeler qu'il ne doit y avoir aucun sujet tabou.
 


Alain Juppé poursuivra la discussion avec l'ensemble des participants au cours d'un déjeuner avant de retourner à l'Élysée où Nicolas Sarkozy recevra dans l'après-midi des experts et spécialistes des questions environnementales et du développement durable.
 


Il y aura neuf personnalités autour de la table aussi diverses que Jean Jouzel (climatologue), Jean-Marc Jancovici (expert en énergie), Patrick Viveret (magistrat à la Cour des comptes) ou encore Claude Henry (économiste). Une chose est sûre, précise-t-on dans l'entourage du chef de l'État, il ne s'agit pas d'organiser « un énième colloque mais bien d'engager des négociations débouchant sur des mesures concrètes pour les cinq prochaines années ». Les consultations devraient durer tout l'été y compris avec les ONG absentes ce matin.

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Vendredi 18 mai 2007 5 18 /05 /2007 10:46

Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a officialisé vendredi matin la liste des ministres et des secrétaires d'Etat du gouvernement Fillon.

 

Ecologie, développement et aménagement durable
Alain JUPPE, ministre d'Etat

 

Economie, Finances et Emploi
Jean-Louis BORLOO

 

Intérieur, Outre-Mer et Collectivités territoriales
Michèle ALLIOT-MARIE

 

Affaires étrangères et européennes
Bernard KOUCHNER

 

Immigration, Intégration, Identité nationale et Co-développement
Brice HORTEFEUX

 

Garde des Sceaux, Justice
Rachida DATI

 

Travail, relations sociales et solidarité
Xavier BERTRAND

 

Education
Xavier DARCOS

 

Enseignement supérieur et Recherche
Valérie PECRESSE

 

Défense
Hervé MORIN

 

Santé, Jeunesse et Sports
Roselyne BACHELOT

 

Logement et Ville
Christine BOUTIN

 

Agriculture et pêche
Christine LAGARDE

 

Culture, Communication et Porte-parole du gouvernement
Christine ALBANEL

 

Budget, Comptes publics, Fonction publique
Eric WOERTH

 

 

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Jeudi 17 mai 2007 4 17 /05 /2007 11:16

Reçu pour le petit déjeuner à l'Elysée, François Fillon a été nommé Premier ministre.

"Le président de la République a nommé M. François Fillon Premier ministre et l´a chargé de former un nouveau gouvernement", selon le communiqué de l´Elysée. François Fillon succède à ce poste à Dominique de Villepin. Il doit prendre ses fonctions lors d´une passation de pouvoirs avec M. de Villepin en fin de matinée à l´hôtel Matignon.

 

François Fillon, juriste de 53 ans, est un proche de Nicolas Sarkozy, dont il a été le conseiller politique à partir de 2004. Il a été plusieurs fois ministre. Réputé discret et efficace, ce représentant de la fibre "gaulliste sociale" du parti de droite UMP a donné son nom à une vaste réforme des retraites en 2003.

 

Il a quitté le palais de l´Elysée à 09h40 après un petit déjeuner d´un peu plus d´une heure avec Nicolas Sarkozy. Les deux hommes sont apparus souriants sur le perron du palais présidentiel et ont échangé une poignée de mains. La nomination de M. Fillon intervient au lendemain de l´investiture de Nicolas Sarkozy comme président.

 

La composition du nouveau gouvernement devrait être annoncée vendredi matin.

 

François Fillon, un réformateur discret, réputé efficace

 

Aux antipodes de l´image "d´homme pressé" de M. Sarkozy, ce juriste de formation, père de cinq enfants, et marié à une Galloise, s´est surtout fait connaître par la réforme des retraites qu´il avait menée en 2003 lorsqu´il était ministre des Affaires sociales.

 

Préféré au très médiatique et atypique Jean-Louis Borloo, cet homme s´est forgé une réputation de modéré et a été qualifié par certains de "gaulliste social". Il a la réputation de préférer le dialogue et le débat d´idées. "Ce n´est pas un homme de réseau, dans la mesure où il ne veut pas créer de féodalités", dit l´un de ses amis.

 

Parfois trop prudent

 

Généralement perçu comme un homme politique efficace mais parfois trop prudent, M. Fillon, qui est sénateur, est toutefois capable de coups d´éclats. Il avait ainsi soulevé les critiques de son propre camp en proposant de poursuivre la réforme des retraites en s´attaquant aux régimes spéciaux dont bénéficient 1,6 million d´anciens salariés d´entreprises publiques.

 

Lorsqu´il était ministre de l´Education, il avait dû reculer au printemps 2005 et revoir sa copie concernant la loi sur l´enseignement face aux manifestations de lycéens. Sa mise à l´écart du gouvernement par le Premier ministre Dominique de Villepin en juin 2005 finit de le convaincre de rejoindre Nicolas Sarkozy.

 

"En me virant, ils ont fait de moi son futur directeur de campagne", avait-il dit à l´époque, ajoutant, un brin provocateur: "Quand on fera le bilan de Chirac, on ne se souviendra de rien, sauf de mes réformes".

 

Des réformes "profondes"

 

Son rapprochement avec Nicolas Sarkozy avait déjà été amorcé après la défaite subie par la droite aux élections régionales de 2004. Elle le persuade que la France a "besoin de réformes profondes" sous peine de revivre le séisme politique 2002 avec l´arrivée au second tour de la présidentielle du leader d´extrême droite Jean-Marie Le Pen.

 

François Fillon qui s´était dit "extrêmement choqué" fin 2003 que Nicolas Sarkozy puisse déjà viser la présidence, va progressivement se fondre dans l´entourage du futur président.

 

Certains voient en lui le seul Premier ministre qui puisse accepter d´être une sorte de "super directeur de cabinet" et être prêt à s´effacer devant M. Sarkozy, qui se veut "un président actif". Il s´apprête à mettre en musique les réformes législatives préparées avec le nouveau président.

 

"Quand on a décidé de travailler ensemble il y a deux ans, on s´est dit que quand on arriverait, tout serait prêt", a-t-il confié aux auteurs d´un livre récent retraçant l´ascension de M. Sarkozy.

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Mercredi 16 mai 2007 3 16 /05 /2007 20:39
Investi mercredi matin, Nicolas Sarkozy a rendu un hommage inédit aux résistants au Bois de Boulogne. Sa "première décision" de président est de faire lire, dans les lycées, le courrier écrit par le jeune communiste Guy Môquet à ses parents, avant son exécution. Il s'est ensuite rendu à Berlin pour un entretien avec Angela Merkel.

Investi mercredi matin 16 mai, Nicolas Sarkozy a effectué en fin de journée son premier déplacement à Berlin.

Auparavant, il a annoncé dans l'après-midi que sa "première décision" de président serait de faire lire dans toutes les classes de lycées du pays, en début d'année scolaire, la lettre à ses parents du jeune résistant Guy Môquet avant son exécution.

"Je n'ai jamais pu lire ou écouter la lettre de Guy Môquet sans en être profondément bouleversé", a déclaré le président Sarkozy, visiblement ému après la lecture de cette lettre au cours d'une cérémonie au Monument de la Cascade du Bois de Boulogne.

 

 

La lettre lue dans toutes les classes

 

 

"Ma première décision de président de la République sera de demander au futur ministre de l'Education nationale que cette lettre soit lue en début d'année à tous les lycéens de France", a-t-il poursuivi.

 

"Il est essentiel d'expliquer à nos enfants ce qu'est un jeune Français, à travers le sacrifice de quelques-uns, l'anonyme grandeur d'un homme qui se donne à cause plus grande que lui", a-t-il dit.

 

"Que les enfants mesurent l'horreur de la guerre et à quelles extrémités barbares elle peut conduire", a-t-il ajouté.

 

Guy Môquet, héros de la Résistance et communiste, avait été fusillé par l'occupant allemand le 22 octobre 1941 à l'âge de 17 ans.

 

 

 

Vendus par un agent infiltré

 

 

 

Près de la cascade du Bois de Boulogne, Nicolas Sarkozy a rendu un hommage à des jeunes fusillés, à la veille de l'insurrection parisienne, en août 1944.

 

Dans la nuit du 16 au 17 août 1944, trente-cinq jeunes gens, garçons et filles engagés dans la Résistance, avaient été massacrés par l'armée allemande, près de la cascade du Bois de Boulogne.

 

Certains de ces jeunes gens faisaient partie des Forces françaises de l'Intérieur (FFI), d'autres, plus nombreux, étaient des Francs-tireurs partisans (FTP), quelques uns étaient de Jeunes Chrétiens combattants.

Ils étaient partis chercher des armes pour participer à l'insurrection mais ont été vendus aux Allemands par un agent infiltré.
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Mercredi 16 mai 2007 3 16 /05 /2007 00:10

Restez unis : s’il n’y avait qu’un message, ce serait celui-là. Jacques Chirac l’a répété à plusieurs reprises durant sa courte allocution. A l’heure de quitter l’Elysée, il a tenu une nouvelle fois à inciter les Français à rester «solidaires» malgré les «différences de conception», «les divergences de vue». Ces paroles correspondent bien au président qu’il a été et qui a toujours essayé de lutter notamment contre le racisme, l’antisémitisme et tous les extrémismes. Un président qui a aussi insisté sur le devoir de mémoire pour réconcilier tous les Français. 

 

Jacques Chirac a donné sa propre définition de la Nation, loin des idéologies : «Une nation, c’est une famille». Un brin de paternalisme, un soupçon de naïveté mais tout de même énormément d’affection. C’est d’ailleurs ce dernier mot qu’il a utilisé pour décrire le «lien» qui l’unit au «plus profond de son cœur» à chacun des Français, avec aussi ceux de «respect» et d’«admiration». Décidément, il a voulu jusqu’au dernier moment rester un homme de la proximité et de l’humanité.

 

Un message tourné vers l’avenir

 

Jacques Chirac ne semblait pas ému, comme le paraissait Valéry Giscard d’Estaing en 1981 lorsqu’il s’était livré, lui aussi, à cet exercice difficile des adieux télévisés et avait quitté l’écran à la fin de son discours conclu d’un «au revoir» pincé, laissant une chaise vide. Pas de mine triste ou nostalgique pour Jacques Chirac qui est apparu détendu. Il n’a pas choisi le ton de l’homme qui parle pour entrer dans l’histoire. Son message était avant tout tourné vers l’avenir. S’il a évoqué son bilan et a déclaré qu’il transmettait le pouvoir à Nicolas Sarkozy avec «la fierté du devoir accompli», c’était surtout pour encourager les Français à poursuivre sur «la voix engagée».

 

Il est vrai qu’il ne laisse pas les clefs de la maison France à un adversaire politique. Même si ses relations avec Nicolas Sarkozy ont parfois été houleuses, ils appartiennent au même camp et ont pris soin, ces derniers mois, d’aplanir leurs différences. Jacques Chirac a d’ailleurs salué la volonté de celui qui va lui succéder «de conduire notre pays plus avant sur les chemins de l’avenir» et a affirmé que tous ses «vœux» l’accompagnait dans «cette mission».

 

Quarante ans de carrière, mais ce n’est pas fini

 

Ce message est donc le dernier que Jacques Chirac aura adressé aux Français en tant que président de la République. Il tourne la page sur les douze années à l’Elysée d’un homme qui a consacré sa vie à la politique. La carrière de Jacques Chirac a débuté en 1967, avec sa première élection en Corrèze. Une région dont il est toujours resté très proche, et où son épouse, Bernadette, a elle aussi obtenu un siège de conseillère municipale. Député de Corrèze pendant 30 ans, Jacques Chirac a été ministre entre 1967 et 1974, chef du gouvernement par deux fois (de 1974 à 1976, puis de 1986 à 1988). Il s’est emparé de la mairie de Paris en 1977 et y est demeuré jusqu’en 1995, date de sa première élection à l’Elysée. Il a souvent été décrit comme un homme qui ne renonce jamais, un  «fauve politique», plus intéressé par la conquête que par l’exercice du pouvoir. Ce qui peut inciter à penser que son départ de l’Elysée va lui laisser un grand vide, mais aussi qu’il va tout tenter pour faire de cette étape de sa vie un tremplin vers quelque chose de nouveau.

 

Même s’il est âgé de 74 ans, Jacques Chirac n’a pas le profil à se contenter du destin d’un grand-père tranquille à la retraite. Même si son petit-fils, Martin, lui offre incontestablement de grandes joies. Son allocution confirme son intention de rester dans l’action. Il a déclaré : «Dès demain, je poursuivrai mon engagement dans ces combats pour le dialogue des cultures et pour le développement durable. Je le ferai en apportant mon expérience et ma volonté d’agir pour faire avancer des projets concrets en France et dans le monde».

 
Jacques Chirac a, en effet, préparé sa reconversion depuis de longs mois et va prendre d’ici l’automne la tête d’une Fondation consacrée à ses deux thèmes. A l’image d’un Bill Clinton, il devrait donc se transformer en ambassadeur de bonne volonté pour aller plaider, aux quatre coins de la planète, en faveur de la défense des pays les plus pauvres et de la diversité culturelle. Finalement, cela ressemble à une retraite sur mesure pour celui qui, en tant que chef de l’Etat, a souvent été jugé plus convaincant sur la scène internationale que nationale.

 

Par Florian - Publié dans : Actualité
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Lundi 14 mai 2007 1 14 /05 /2007 09:48
 

Nicolas Sarkozy démissionne lundi de la présidence de l'UMP, avant de prendre mercredi ses fonctions de chef de l'Etat, tandis que s'ouvre la période de dépôt des candidatures aux élections législatives.

 

Lors d'un conseil national de son parti, en début d'après-midi dans un grand hôtel parisien, le président élu, qui continue de préparer son futur gouvernement, quittera la tête de sa formation.

 

De ce parti conçu par Jacques Chirac comme une "machine à gagner les élections" et créé entre les deux tours de la présidentielle de 2002, Nicolas Sarkozy a fait un mouvement acquis à sa cause.

 

Il a triplé le nombre des adhérents (environ 300.000 revendiqués), et organisé de multiples conventions qui ont nourri ses projets législatif et présidentiel.

 

Le plus vraisemblable est que la présidence soit remplacée par un secrétariat général, comme cela avait le cas au RPR après l'élection de son président Jacques Chirac à l'Elysée en 1995.

 

Selon plusieurs sources UMP, M. Sarkozy songerait à Brice Hortefeux, l'un de ses proches, pour le poste de secrétaire général, ce qui lui permettrait de continuer à "tenir" son ancien parti.

 

En attendant le prochain congrès, à l'automne, Jean-Claude Gaudin, président délégué de l'UMP, assurera l'intérim de la présidence. Le sénateur-maire de Marseille avait déjà exercé cette fonction entre la démission de M. Juppé (juillet 2004) et l'élection de M. Sarkozy.

 

M. Sarkozy, qui a promis quatre grandes "conférences" avec les partenaires sociaux, recevra par ailleurs les dirigeants de la CGT et de la CFDT, dans ses bureaux provisoires du 35, rue Saint-Dominique, à Paris (VIIe).

 

Lundi verra aussi le véritable démarrage de la campagne pour les législatives des 10 et 17 juin, avec le début du dépôt des candidatures.

 

Les candidats auront jusqu'au vendredi 18 mai à 18H00 dernier délai, pour se rendre eux-mêmes dans les préfectures, y signer (comme leur suppléant) le formulaire de candidature en apportant les preuves qu'ils remplissent toutes les conditions pour briguer les suffrages.

 

A 11H00, au siège du FN à Saint-Cloud, Bruno Gollnisch, directeur de la campagne législative de son parti, présentera la liste des candidats frontistes, qui tenteront de faire oublier l'échec de leur leader Jean-Marie Le Pen à la présidentielle (10,44%).

 

Pour former son gouvernement, Nicolas Sarkozy bute sur "la difficile" tâche de la parité qu'il a promis de réaliser.

 

"Nicolas Sarkozy a quelques problèmes pour former son gouvernement", "il veut faire la parité absolue, comme il l'a promis, et ce n'est pas facile", ont expliqué dimanche à l'AFP des sources proches de l'UMP et du gouvernement.

 

Outre son Premier ministre - selon toute vraisemblance François Fillon, son conseiller politique à l'UMP - le président élu doit sélectionner huit hommes et sept femmes, ou l'inverse, pour son "quinze de France".

 

Côté hommes, les ambitions ne font pas défaut: Alain Juppé, Jean-Louis Borloo, Xavier Bertrand, Patrick Devedjian, Brice Hortefeux, Philippe Douste-Blazy, Michel Barnier, Jean-François Copé, Renaud Donnedieu de Vabres...

 

Sans compter les UDF, voire les personnalités classées à gauche puisque le président veut combiner parité et "ouverture".

 

M. Sarkozy a d'ailleurs réitéré dimanche soir, lors d'une réunion avec les principaux ténors UMP, sa "volonté d'ouverture" vers le centre et la gauche, "indispensable", dit-il, quand on se veut "le garant du rassemblement de la Nation", selon plusieurs participants.

 

Il y a beaucoup d'appelés, il y aura peu d'élus. M. Sarkozy a été clair: "la fidélité, c'est pour les sentiments, l'efficacité, pour le gouvernement".
Par Florian - Publié dans : Actualité
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