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Samedi 28 avril 2007
Par Alain Boyer, professeur de philosophie politique, université de Paris-IV (Sorbonne)

Max Weber et Raymond Aron ont insisté sur deux attitudes possibles : la morale de la conviction, qui ne s'intéresse pas aux effets de l'action mais seulement à ses intentions, et la morale de la responsabilité, qui cherche à anticiper les conséquences d'une action avant d'arbitrer, parfois dans la douleur, en sa faveur. Cette morale n'a rien à voir avec le « réalisme » amoral. Mais elle tient qu'il est immoral de poser au moraliste intègre sans s'interroger sur le bilan prévisible de ses actes. On peut opposer, comme le philosophe « républicain » Philip Pettit, le fait de vouloir « honorer » une valeur et celui de chercher à la « promouvoir ». Seule cette attitude-ci est responsable.

Prenons les valeurs républicaines, liberté, égalité, fraternité, et laïcité. Les penseurs de gauche ont fait remarquer aux libéraux qu'elles ne pouvaient demeurer formelles : la liberté du renard libre dans le poulailler libre n'est pas défendable. Il faut promouvoir des libertés juridiques et réelles, des pouvoirs effectifs d'agir selon son « plan de vie », comme disait le philosophe (libéral de gauche) John Rawls.

L'égalité des chances ne doit pas être seulement formelle, mais réelle. Cela peut signifier, temporairement, des actions»positives* en faveur des individus injustement privés de pouvoirs d'agir à cause de leur « appartenance » à un groupe à tort déconsidéré.

La fraternité ne doit pas être seulement verbale, mais impliquer une réelle solidarité. Les individus qui par leur chance, leurs efforts et leurs talents ont acquis plus de liberté et de ressources que d'autres moins chanceux contribuent ainsi par leur action innovatrice, leurs prises de risques et, bien sûr, leurs contributions fiscales (raisonnables) à améliorer en fin de compte le sort des plus défavorisés.

L'Etat doit par le Droit jouer un rôle essentiel dans la mise en pratique des droits de l'homme de 1789, « la liberté, la sûreté, la propriété et le droit de résister à l'oppression ».

Mais il est absurde que son action trop paternaliste aboutisse à tuer la liberté d'entreprendre et celle de choisir, fondements de la seule économie qui fonctionne, l'économie de marché Aux excès paternalistes et fiscaux de l'Etat-Providence, Rawls préférait l'idée d'une « démocratie de propriétaires » (comme Léon Gambetta et Charles de Gaulle), par où la participation de chacun à l'appropriation des moyens de production (grâce à l'actionnariat, la co-propriété) rendrait possible l'amélioration du sort et de la dignité des « plus mal lotis », alors qu'une politique égalitariste radicale conduirait à la pauvreté de tous.

Sans incitations, qui prendrait des risques ? Si une mesure qui « honore » la justice sociale, des 35 heures au refus de la baisse des prélèvements ou au protectionnisme, s'avère contre-productive du point de vue de la promotion réelle de cette même valeur, il faut y renoncer.

Aujourd'hui, vu l'état du pays, il faut avoir le courage de proposer certaines réformes dites « libérales », incitatives, et négociées avec ceux qui, comme la CFDT, acceptent de ne plus considérer la politique en démocratie comme une guerre, un conflit à somme nulle, mais comme une délibération commune suivie de compromis.

Quiconque veut promouvoir les valeurs sociales devra en passer à l'heure qu'il est par des réformes dites « libérales », conditions sine qua non de la sauvegarde des retraites et de la Sécurité Sociale. La justice doit prendre en compte les générations futures. Les hommes et les femmes politiques de progrès sont ceux qui ont cessé de prendre les électeurs pour des idiots économiques - cessant de faire comme s'il suffisait de « faire payer les riches », de s'endetter et de moins travailler - et se donnent les moyens de promouvoir réellement la liberté, l'égalité et la solidarité.

Quant aux émotifs qui méprisent les « calculs » et la « rentabilité », rappelons cette phrase de l'économiste marxiste Charles Bettelheim, citée naguère par Michel Rocard : « Quand on cesse de compter, c'est la peine des hommes que l'on cesse de compter ». Même si l'on peut en critiquer certains aspects, seul le programme économique de Nicolas Sarkozy, comme l'était celui, très proche, de François Bayrou, semble en mesure de promouvoir à long terme les valeurs du progrès social, de la protection et de la liberté. La démarche d'hommes de gauche comme Christian Blanc et Eric Besson n'est donc pas une trahison de leurs valeurs.

Français, encore une effort pour promouvoir les valeurs de gauche !
Par Florian - Publié dans : Débat
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Vendredi 27 avril 2007

Par Florian - Publié dans : Débat
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Jeudi 26 avril 2007

 

 

Par Florian - Publié dans : Actualité
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Dimanche 22 avril 2007

Mes chers compatriotes,

Ce soir, le peuple français s'est exprimé. Il l'a fait avec clarté.

Après tant de scrutins marqués par la montée de l'abstention, ce premier tour de l'élection présidentielle est une victoire pour notre démocratie. En se rendant massivement aux urnes, les Français ont exprimé leur volonté de ne laisser personne décider à leur place.

En me plaçant en tête de ce premier tour et en plaçant Madame Royal en deuxième position, ils ont marqué clairement leur souhait d'aller au bout du débat entre deux idées de la nation, deux projets de société, deux systèmes de valeurs, deux conceptions de la politique.

Ce débat, nous avons la responsabilité, Madame Royal et moi, de faire en sorte qu'il se déroule dans la clarté, dans la sincérité et dans le respect des personnes. Nous avons le devoir de donner à travers ce débat une image de dignité qui soit à la hauteur de la dignité de la fonction présidentielle. Pour ma part je ne changerai pas de ligne de conduite. Je veux dire à Madame Royal que je la respecte et que je respecte ses convictions et que je souhaite que le débat de ce second tour soit véritablement un débat d'idées. Les Français l'attendent depuis trop longtemps, le réclament avec trop de force pour qu'il soit dénaturé.

Aux 11 millions d'électeurs qui ont voté pour moi au premier tour parce qu'ils se sont reconnus dans les idées que j'ai exprimées, je veux dire merci du fond du coeur. Ils m'ont fait confiance. Je ferai tout pour être digne de cette confiance.

Tout au long de la campagne, j'ai souhaité m'adresser à tous les Français au-delà des partis. J'ai voulu parler à ceux auxquels on ne parlait plus, aux travailleurs, aux ouvriers, aux employés, aux artisans, aux agriculteurs, à la France qui donne beaucoup et qui ne reçoit jamais rien, à la France qui est exaspérée et qui souffre, celle des banlieues en difficulté, des bassins industriels en déclin, des cantons ruraux abandonnés.

J'ai voulu mettre au coeur de la politique des valeurs comme l'identité nationale, l'autorité, le travail, le mérite. J'ai voulu parler de morale. J'ai proposé la revalorisation du travail, l'école de l'excellence, la moralisation du capitalisme financier, la révolution du développement durable. J'ai dit que ma priorité était de donner à chacun le moyen d'accomplir ses rêves, de réaliser ses ambitions, de réussir sa vie.

Ces principes sont le fondement de mon projet politique. Quels que soient les obstacles, je n'y renoncerai pas, je ne les renierai pas parce que je suis profondément convaincu que l'avenir de notre pays, sa prospérité, sa place dans le monde en dépendent. Comme en dépend le bonheur des Français.

Dans les 15 jours qui restent avant le second tour, je veux dire à tous les Français qui ont peur de l'avenir, qui se sentent fragiles, vulnérables, qui trouvent la vie de plus en plus lourde, de plus en plus dure, que je veux les protéger.

Je veux les protéger contre la violence, contre la délinquance, mais aussi contre la concurrence déloyale et les délocalisations, contre la dégradation de leurs conditions de travail, contre l'exclusion. Je veux leur redonner le goût d'entreprendre, d'innover, le goût de l'aventure et du risque. Je veux pouvoir leur parler de protection sans être accusé de protectionnisme, comme je veux pouvoir leur parler de la nation sans être accusé de nationalisme.

Je veux parler à tous ceux que la vie a brisés, aux accidentés de la vie, à ceux qu'elle a usés, à ceux qui sont dans la détresse. Je veux parler aux malades, aux handicapés, aux personnes âgées, à ceux qu'une pression trop forte a épuisés, à ceux qui ont trop souffert. Je veux leur redonner de l'espérance. Je veux leur dire que la France dont je rêve est une France qui ne laisse tomber personne, une France qui est comme une famille où le plus faible, le plus vulnérable, le plus fragile a droit a autant d'amour, autant de respect, autant d'attention que le plus fort, une France où même dans celui qui n'a plus de force on reconnaît la dignité de l'homme et du citoyen.

Je veux m'adresser à tous les Français pour leur dire que la société du plein emploi est un moyen et que l'objectif c'est la société de la pleine citoyenneté. Je ne souhaite qu'une chose : rassembler le peuple français autour d'un nouveau rêve français, celui d'une République fraternelle où chacun trouvera sa place, où personne n'aura plus peur de l'autre, où la diversité sera vécue non comme une menace mais comme une richesse.

Cette France fraternelle, c'est celle qui m'a tout donné. Je lui dois tout. Et à mon tour je veux tout lui rendre. Cette France fraternelle j'invite tous les Français de bonne volonté quelles que soient leurs origines, leurs croyances, leurs partis à s'unir à moi pour qu'ensemble nous puissions la bâtir.

Vive la République !

Vive la France !


 


 

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Par Florian - Publié dans : Actualité
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Vendredi 20 avril 2007

Le soutien de Lilan Thuram pour Jeannette Bougrab a fait la Une d’AOL et du journal JT 2 Zero (Karl Zero) ce jeudi 19 avril. Les raisons de ce soutien et les explications de Jeannette sur la video

Par Florian - Publié dans : Actualité
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Jeudi 19 avril 2007

Par Florian - Publié dans : Actualité
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Mercredi 18 avril 2007

Par Florian - Publié dans : Actualité
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Mardi 17 avril 2007

Par Florian - Publié dans : Actualité
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Lundi 16 avril 2007

Par Florian - Publié dans : Actualité
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Dimanche 15 avril 2007


Par Florian - Publié dans : Actualité
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