Passation de pouvoirs à Matignon entre Villepin et Fillon

Publié le par Florian

Reçu pour le petit déjeuner à l'Elysée, François Fillon a été nommé Premier ministre.

"Le président de la République a nommé M. François Fillon Premier ministre et l´a chargé de former un nouveau gouvernement", selon le communiqué de l´Elysée. François Fillon succède à ce poste à Dominique de Villepin. Il doit prendre ses fonctions lors d´une passation de pouvoirs avec M. de Villepin en fin de matinée à l´hôtel Matignon.

 

François Fillon, juriste de 53 ans, est un proche de Nicolas Sarkozy, dont il a été le conseiller politique à partir de 2004. Il a été plusieurs fois ministre. Réputé discret et efficace, ce représentant de la fibre "gaulliste sociale" du parti de droite UMP a donné son nom à une vaste réforme des retraites en 2003.

 

Il a quitté le palais de l´Elysée à 09h40 après un petit déjeuner d´un peu plus d´une heure avec Nicolas Sarkozy. Les deux hommes sont apparus souriants sur le perron du palais présidentiel et ont échangé une poignée de mains. La nomination de M. Fillon intervient au lendemain de l´investiture de Nicolas Sarkozy comme président.

 

La composition du nouveau gouvernement devrait être annoncée vendredi matin.

 

François Fillon, un réformateur discret, réputé efficace

 

Aux antipodes de l´image "d´homme pressé" de M. Sarkozy, ce juriste de formation, père de cinq enfants, et marié à une Galloise, s´est surtout fait connaître par la réforme des retraites qu´il avait menée en 2003 lorsqu´il était ministre des Affaires sociales.

 

Préféré au très médiatique et atypique Jean-Louis Borloo, cet homme s´est forgé une réputation de modéré et a été qualifié par certains de "gaulliste social". Il a la réputation de préférer le dialogue et le débat d´idées. "Ce n´est pas un homme de réseau, dans la mesure où il ne veut pas créer de féodalités", dit l´un de ses amis.

 

Parfois trop prudent

 

Généralement perçu comme un homme politique efficace mais parfois trop prudent, M. Fillon, qui est sénateur, est toutefois capable de coups d´éclats. Il avait ainsi soulevé les critiques de son propre camp en proposant de poursuivre la réforme des retraites en s´attaquant aux régimes spéciaux dont bénéficient 1,6 million d´anciens salariés d´entreprises publiques.

 

Lorsqu´il était ministre de l´Education, il avait dû reculer au printemps 2005 et revoir sa copie concernant la loi sur l´enseignement face aux manifestations de lycéens. Sa mise à l´écart du gouvernement par le Premier ministre Dominique de Villepin en juin 2005 finit de le convaincre de rejoindre Nicolas Sarkozy.

 

"En me virant, ils ont fait de moi son futur directeur de campagne", avait-il dit à l´époque, ajoutant, un brin provocateur: "Quand on fera le bilan de Chirac, on ne se souviendra de rien, sauf de mes réformes".

 

Des réformes "profondes"

 

Son rapprochement avec Nicolas Sarkozy avait déjà été amorcé après la défaite subie par la droite aux élections régionales de 2004. Elle le persuade que la France a "besoin de réformes profondes" sous peine de revivre le séisme politique 2002 avec l´arrivée au second tour de la présidentielle du leader d´extrême droite Jean-Marie Le Pen.

 

François Fillon qui s´était dit "extrêmement choqué" fin 2003 que Nicolas Sarkozy puisse déjà viser la présidence, va progressivement se fondre dans l´entourage du futur président.

 

Certains voient en lui le seul Premier ministre qui puisse accepter d´être une sorte de "super directeur de cabinet" et être prêt à s´effacer devant M. Sarkozy, qui se veut "un président actif". Il s´apprête à mettre en musique les réformes législatives préparées avec le nouveau président.

 

"Quand on a décidé de travailler ensemble il y a deux ans, on s´est dit que quand on arriverait, tout serait prêt", a-t-il confié aux auteurs d´un livre récent retraçant l´ascension de M. Sarkozy.

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