Conférence nationale des finances publiques

Publié le par Florian


Le Premier ministre a préconisé, lors de la conférence nationale des finances publiques, la pluriannualité budgétaire, la modernisation des finances locales et l'extension des "audits de modernisation" à toutes les administrations publiques.

Profitant de la conférence nationale des finances publiques, Dominique de Villepin a adressé un message aux candidats à l'élection présidentielles. Le chef du gouvernement a tout d'abord rappelé l'importance de la modernisation des finances locales. "Il ne sert à rien de désendetter l'Etat et de faire baisser les impôts si c'est pour que les taxes locales augmentent par ailleurs", a-t-il dit, en souhaitant que le comité d'orientation des finances publiques rende un rapport sur ce sujet "dans le courant de l'année 2007". Dominique de Villepin a par ailleurs souhaité que "le gouvernement puisse proposer au Parlement des dépenses sur trois ans et non plus sur un an comme c'est le cas aujourd'hui". Le Premier ministre a enfin proposé que la pratique des audits de modernisation lancée depuis 2002 "soit étendue à l'ensemble des administrations publiques".

Ces quatre propositions "garantiront l'objectif du désendettement", a souligné le chef du gouvernement, qui entend "permettre au prochain gouvernement de prendre des décisions rapides en toute connaissance de cause".

Le désendettement "n'est pas une lubie de technocrate" mais "un enjeu vital pour les Français", a par ailleurs rappelé Dominique de Villepin. "Nous le savons, la dette pèse lourdement sur le pouvoir d'achat: elle entrave le développement des entreprises et donc des salaires, elle pousse mécaniquement à l'augmentation des impôts", a déclaré le Premier ministre. Dominique de Villepin a également rappelé que le désendettement était "vital pour préparer le vieillissement" de la société française, "donnée démographique majeure" à laquelle la France est à ses yeux "pas véritablement préparée".

Selon le Premier ministre, "il y a aujourd'hui trois choix","ne rien faire", "augmenter les impôts" et "nous engager résolument dans la voie du désendettement". C'est évidemment le troisième choix qui a les primeurs de Dominique de Villepin. Ce dernier souhaiterait même aller plus loin et propose d'inscrire le principe selon lequel "la dette ne doit servir qu'à financer l'investissement" dans la Constitution comme en Allemagne. "C'est une règle d'or que l'Etat doit pouvoir respecter en 2010", a déclaré le Premier ministre.

Enfin, Dominique de Villepin a confirmé que le déficit public serait "sans doute inférieur à 2,7%" du PIB pour 2006. "Pour 2007, nous avons fixé un objectif de 2,5% que nous pouvons tenir", a ajouté le Premier ministre. Il a précisé que ce taux représentait "le niveau à partir duquel la dette cesse de croître". Le chef du gouvernement s'est dit "convaincu" que la France pourra atteindre un taux d'endettement de 55% du PIB en 2012, contre 64,6% en 2006. "Il est important de montrer à nos compatriotes que nous pouvons relever ensemble les défis les plus difficiles avec de la volonté et du courage", a-t-il dit.

 

Source: Les Echos


Allocution lors de la 2e Conférence nationale des finances publiques

 

Je viens de tenir la deuxième conférence sur les finances publiques. J’ai institué le principe l’année dernière avec un objectif : faire prendre conscience aux Français de la nécessité du désendettement. Et je me réjouis que cette journée ait permis de définir des propositions concrètes sur lesquelles je reviendrai dans un instant.

1. La première chose que je voudrais affirmer au terme de cette conférence, c’est que le désendettement de l’Etat est possible dans des délais rapides.

Les objectifs que nous devons nous fixer ne sont pas à échelle de 10 ou 20 ans. Nous pouvons progresser chaque année vers l’objectif d’un déficit public 0.

Nous avons déjà parcouru un chemin important : le déficit public est passé sous la barre des 3 % dès 2005. Nous confirmerons cette tendance avec un déficit public sans doute inférieur à 2,7 % pour 2006. Pour 2007 nous avons fixé un objectif de 2,5 % que nous pouvons tenir : ce taux n’est pas un objectif quelconque. C’est le niveau à partir duquel la dette cesse de croître.

Je suis convaincu que nous pourrons atteindre un taux d’endettement de 55 % dès 2012. Je crois qu’il est important de montrer à nos compatriotes que nous pouvons relever ensemble les défis les plus difficiles avec de la volonté et du courage.

2. La deuxième chose que je voudrais redire très clairement aujourd’hui, c’est que le désendettement n’est pas une lubie de technocrate : c’est un enjeu vital pour les Français.

Vital d’abord pour leur pouvoir d’achat, qui est une préoccupation essentielle de nos concitoyens et qui sera un sujet central de la campagne électorale.

Le pouvoir d’achat ce n’est pas un sujet secondaire. Ce n’est pas seulement une question matérielle. Ce qui est en jeu, c’est la liberté des Français, la capacité de chacun à faire des projets. Ce qui est en jeu c’est leur sentiment de sécurité face aux accidents de la vie, et leur confiance dans l’avenir.

Or nous le savons, la dette pèse lourdement sur le pouvoir d’achat : elle entrave le développement des entreprises et donc des salaires, elle pousse mécaniquement à l’augmentation des impôts.

Le désendettement est vital aussi pour préparer le vieillissement de notre société. C’est une donnée démographique majeure qu’on évoque depuis des années mais à laquelle nous ne nous sommes pas véritablement préparés. Je veux dire la vérité aux Français. La vérité c’est qu’il y a aujourd’hui trois choix :

Le premier consiste à ne rien faire. Mais cela veut dire qu’inexorablement les services, les soins, l’accompagnement des personnes âgées perdront de leur qualité. Ce n’est pas ce que veulent nos concitoyens.

Le deuxième choix possible, c’est d’augmenter les impôts : ce serait engager notre pays dans une impasse. Ce serait l’affaiblir dans la compétition internationale. Cela pèserait sur la compétitivité de nos entreprises, sur l’emploi et sur les salaires, et donc sur le pouvoir d’achat de tous les citoyens, y compris des plus modestes.

Le troisième choix, c’est de nous engager résolument dans la voie du désendettement. C’est cela qui permettra de libérer de nouvelles marges de manœuvre, de ne plus craindre la compétition internationale, de faciliter la vie quotidienne de nos concitoyens. Nous dépensons chaque jour 100 millions d’euros pour payer les intérêts de la dette. C’est autant d’argent en moins pour nous préparer à l’avenir.

Le désendettement c’est vital enfin pour moderniser et financer durablement nos services publics. Un Etat qui se désendette, ce n’est pas un Etat qui se désengage de ses responsabilités. C’est au contraire un Etat qui se renforce et peut assumer pleinement son rôle de garant des services publics, de la justice sociale et de l’intérêt général. C’est un Etat qui regarde vers l’avant et concentre ses efforts sur l’éducation, la santé et la sécurité des Français.

3. Pour terminer, je voudrais évoquer les propositions que je retiens de cette conférence.

Ces propositions, ce n’est pas mon gouvernement qui les appliquera. Mais je suis convaincu que le désendettement, comme l’emploi et la croissance, doivent constituer un socle consensuel minimal pour construire l’avenir du pays. J’ai donc voulu profiter des travaux et des réflexions que nous avons engagées pour permettre au prochain gouvernement de prendre des décisions rapides en toute connaissance de cause.

Au nom du gouvernement, je veux faire quatre propositions qui garantiront l’objectif du désendettement :

La première, c’est que la dette ne doit servir qu’à financer l’investissement. C’est une règle d’or que l’Etat doit pouvoir respecter en 2010. Je propose qu’elle soit inscrite à terme dans notre Constitution, comme l’a fait l’Allemagne.

La deuxième, c’est la modernisation de nos finances locales : il ne sert à rien de désendetter l’Etat et de faire baisser les impôts si c’est pour que les taxes locales augmentent par ailleurs. Le Conseil d’orientation des finances publiques pourrait rendre un rapport sur ce sujet dans le courant de l’année 2007, afin que des décisions opérationnelles puissent être prises dès 2008 ou 2009.

La troisième proposition, c’est la pluriannualité. Nous devons faire en sorte que le gouvernement propose au Parlement des dépenses sur trois ans et non plus sur un an comme c’est le cas aujourd’hui.

Enfin, la quatrième proposition, c’est que la pratique des audits de modernisation soit étendue à l’ensemble des administrations publiques, dans le respect des particularités de chacune.

C’est comme cela, à travers des objectifs précis, mesurables et réalistes que nous pourrons, année après année avancer sur la voie du désendettement de l’Etat.

Dominique de Villepin, Premier ministre


 

Source: Les Echos




Le Premier ministre Dominique de Villepin, interrogé par l'AFP à la veille de la deuxième Conférence nationale des finances publiques qu'il préside lundi, espère "accélérer la prise de conscience" par les Français de l'enjeu de la dette de l'Etat.

AFP: Que répondez-vous à la Cour des comptes, qui juge que l'amorce de désendettement est dû plus à des causes circonstancielles qu'à des mesures de fond ?

 

Dominique de Villepin: Partons d'un constat: en matière de désendettement, les choses vont mieux aujourd'hui qu'hier. L'endettement a baissé de 2 points en 2006. Pourquoi ? D'abord, parce que nous avons stabilisé les dépenses de l'Etat au niveau de l'inflation. Ensuite, parce que le retour de la croissance a permis d'affecter des recettes fiscales supplémentaires au désendettement. Enfin, parce que nous avons eu le courage avec Thierry Breton de valoriser le patrimoine de l'Etat et de lancer une gestion de trésorerie plus efficace. Le résultat, c'est que le déficit public a été ramené en dessous de la barre des 3% et que nous avons enfin rejoint la norme européenne: c'est pour moi l'essentiel, car cela nous permet de reprendre notre place en Europe. Mais la Cour des comptes est naturellement dans son rôle en nous appelant à inscrire cet effort dans la durée.

 

 

AFP: De quels moyens d'action dispose le gouvernement contre la dette d'ici à l'élection présidentielle ?

 

DDV: Si nous réussissons à faire prendre conscience à tous les Français de l'enjeu stratégique que représente la dette de l'Etat, nous aurons franchi un grand pas dans l'histoire économique et sociale de notre pays. Je veux le dire avec force: plus de dette pour l'Etat, c'est moins de richesse pour les Français.

Avec la deuxième conférence nationale des finances publiques, je suis sûr que nous allons accélérer cette prise de conscience. Mais nous débattrons aussi des propositions concrètes qui peuvent améliorer encore la bonne gestion de l'argent public. Je souhaite qu'un consensus se dégage à cette occasion entre l'Etat, les collectivités locales, les partenaires sociaux et la Sécurité sociale: tous seront présents, car j'ai voulu que ce rendez-vous des finances publiques soit aussi un grand rendez-vous démocratique.

 

 

AFP: L'enjeu du désendettement a-t-il la place qu'il mérite dans le débat politique ?

 

DDV: Il faut bien comprendre que le véritable enjeu du désendettement, c'est le pouvoir d'achat des Français - et le pouvoir d'achat sera, selon moi, le sujet central de la campagne électorale. Pourquoi y a-t-il un lien direct entre le désendettement et le pouvoir d'achat ? Tout simplement parce que moins de dette, c'est moins d'impôt. Moins de dette, c'est plus d'argent pour les services publics essentiels comme les hôpitaux, les universités, les centres de recherche. Et moins de dette, c'est plus de marge de manoeuvre pour nous préparer à ce défi immense qu'est le vieillissement de la population française : il faudra bien trouver l'argent nécessaire pour accompagner les personnes en fin de vie, pour soulager les personnes âgées, pour mieux soigner les maladies comme Alzheimer. Je vous donne un seul chiffre: chaque jour, nous dépensons 100 millions d'euros pour payer les intérêts de notre dette. Est-ce qu'il n'y a pas une meilleure façon de dépenser l'argent des Français ?

 

 

Source: AFP

Publié dans Famille UMP

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Florian 13/02/2007 15:54

Bonjour P.A.,
Je n'ai jamais remis les valeurs de Dominique de Villepin, valeurs qui sont essentielles à notre parti. Je pense qu'on aura l'occasion d'en débattre à l'avenir et peut etre ce soir a la reunion.
Bonne journée

P.A. 13/02/2007 15:27

Les propose de Dominique de Villepin sont quand même réalistes, la maitrise de le dette est un enjeu fondamental pour les prochaines années, on doit continuer l'action du gouvernement et ne pas laisser la gauche tout remettre en question en dilapidant l'argent publique sans résultats en contrepartie...
Qui mieux que Villepin pour accomplir les idées de Villepin? lol